Paul Virilio nous manquera

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Leadergameuses et Leadergamers,

Après plusieurs mois de silence, j’aurais voulu vous parler de nos projets en cours, du succès de notre procédé FI3D, de nos futurs locaux ultra-modernes mais le cœur n’y est pas. Paul Virilio est mort, hier.

Cet urbaniste de formation inspiré par le philosophe Vladimir Jankélévitch, autre penseur du temps, a conceptualisé, il y a, déjà, plusieurs décennies, la politique de l’immédiateté ô combien d’actualité, dans notre société où la forme prime souvent sur le fond et où tout le monde voudrait avoir le don d’ubiquité.

Ce don ne signifierait-il pas se rendre d’un point à un autre, tellement vite, que ce point semblerait immobile bien qu’ayant parcouru toutes les distances à la fois et donc tous les lieux, comme le suggère la théorie de la relativité d’Einstein?

En liant vitesse et technologie, Paul Virilio a inventé ce qu’il appelait la dromosphère c’est-à-dire l’espace vitesse que l’homme veut maîtriser, après avoir conquis les terres et les océans et avec pour seule limite, la vitesse de la lumière.

Dans Vitesse et Politique, son essai fondateur, Paul Virilio, explique comment de tous temps, les villes et par extension, les états, ont été organisés autour de la stratégie militaire, afin de résister aux assauts et aux sièges ou autrement dit, à l’art de la poliorcétique.

Dans le même ordre d’idée, il démontre que les hommes disposant d’une vitesse d’action suffisante, ont pu gagner des batailles et des guerres.

Par une extrapolation fascinante, il explique que la défense et son corollaire, la sécurité, sont devenues un bien de consommation pour le citoyen pressé et pressé de circuler par les autorités, conscientes que le stationnement, c’est l’ultime liberté d’aller et de venir, en s’arrêtant, dans un monde qui évolue trop vite, pour laisser à l’homme le temps de réfléchir et d’agir.

Il y a un peu moins d’un an, j’évoquais Baudrillard et sa distinction du réel et du virtuel. J’espère que ce raccourci sur Virilio n’aura pas été trop rapide et qu’à l’heure d’Internet, il donnera envie, à quelques uns, de découvrir ou de redécouvrir cet essayiste en prise avec son temps.

Maxime Ferretti

 

 

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